Nouvelle réforme

Droit supplémentaire de 2 % : payer un bien en espèces coûte plus cher depuis juillet 2026

Par Khourssa AimanePublié le 29 octobre 20264 min de lecture
Illustration : Droit supplémentaire de 2 % : payer un bien en espèces coûte plus cher depuis juillet 2026

La loi de finances 2026 ajoute 2 % de droits d'enregistrement sur la part du prix payée hors circuit bancaire, au-delà de 300 000 DH. Qui paie, combien et comment l'éviter.

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Ce que prévoit la loi de finances 2026

La loi de finances n° 50-25 pour 2026 a créé un droit d'enregistrement supplémentaire de 2 %. Il vise les ventes d'immeubles et de droits réels immobiliers, ainsi que les cessions de fonds de commerce. Le but affiché est de réduire les paiements en espèces dans l'immobilier, un secteur où une partie du prix était souvent réglée « au noir », hors de l'acte.

Le Code général des impôts 2026, publié par la Direction générale des impôts, précise les conditions. Pour l'immobilier, le droit supplémentaire ne s'applique que si le prix dépasse 300 000 DH. Pour les fonds de commerce, il n'y a pas de seuil. La mesure vaut pour les actes et conventions établis à partir du 1er juillet 2026.

Dans quels cas les 2 % sont dus

Le droit supplémentaire est exigé dans deux situations :

  • l'acte ne mentionne pas les modalités et les références du paiement : le notaire doit indiquer comment le prix a été réglé (numéro de chèque, références du virement…) ;
  • le prix n'est pas payé par un moyen reconnu par l'administration fiscale.

Les moyens reconnus sont le chèque barré non endossable, l'effet de commerce, le virement bancaire, les moyens de paiement électroniques, les procédés électroniques et la compensation formalisée entre les parties. Autrement dit, tout ce qui laisse une trace bancaire. Les espèces, elles, déclenchent le supplément.

Si une partie seulement du prix est payée en espèces, les 2 % ne portent que sur cette partie. Mais si l'acte ne permet pas d'identifier le mode de paiement, l'administration peut calculer le droit sur la totalité du prix déclaré.

Combien cela coûte : trois exemples

Le droit supplémentaire s'ajoute aux droits d'enregistrement normaux (4 % pour un logement). Voici l'effet pour un appartement vendu 1 200 000 DH :

SituationDroits normaux (4 %)Supplément 2 %Total des droits
Tout le prix payé par virement48 000 DH0 DH48 000 DH
400 000 DH payés en espèces48 000 DH8 000 DH56 000 DH
Mode de paiement absent de l'acte48 000 DH24 000 DH72 000 DH

Pour un logement de 280 000 DH, le supplément ne s'applique pas, même en cas de paiement en espèces, puisque le prix ne dépasse pas 300 000 DH.

Le simulateur de la page d'accueil intègre ce calcul : dans les réglages avancés, indiquez la part du prix payée en espèces pour voir le surcoût.

Pourquoi l'État cible le cash

Le Maroc reste une économie où les espèces circulent beaucoup. Dans l'immobilier, la sous-déclaration du prix réduit à la fois les droits d'enregistrement payés par l'acheteur et l'impôt sur la plus-value payé par le vendeur. Elle pose aussi des problèmes de blanchiment. En rendant le paiement en espèces plus coûteux, la loi de finances pousse les parties à tout faire passer par la banque.

Pour l'acheteur, il y a un autre argument : un prix déclaré bas se retourne contre lui à la revente. La plus-value taxée sera calculée à partir de ce prix d'achat sous-évalué, donc plus élevée. Ce qui a été « économisé » à l'achat est souvent repayé, et au-delà, au moment de vendre.

Comment éviter le supplément

  1. Payez tout le prix par la banque. Le plus simple est de verser les fonds sur le compte de dépôt du notaire, qui paie ensuite le vendeur. Le notaire reporte les références dans l'acte.
  2. Gardez la trace de l'avance versée au compromis. Une avance remise en liquide au vendeur compte comme un paiement en espèces. Faites-la par chèque ou par virement.
  3. Vérifiez la clause de paiement de l'acte avant de signer : elle doit citer chaque règlement avec sa référence.
  4. Si vous êtes MRE, faites passer les fonds par un virement depuis l'étranger vers un compte au Maroc : la trace est complète, et elle sert aussi pour un éventuel rapatriement futur.

Questions fréquentes

Le vendeur paie-t-il les 2 % ?

Les droits d'enregistrement sont à la charge de l'acheteur, sauf clause contraire. Le droit supplémentaire suit la même règle. En pratique, il est inclus dans la provision demandée par le notaire.

Un chèque ordinaire suffit-il ?

Le texte vise le chèque barré et non endossable, c'est-à-dire qui ne peut pas être transmis à une autre personne. Demandez à votre banque un chèque barré portant la mention « non endossable », ou préférez le virement.

Les terrains sont-ils concernés ?

Oui : le supplément vise toutes les ventes d'immeubles et de droits réels immobiliers au-delà de 300 000 DH, terrains compris. Il s'ajoute alors aux 5 % de droits normaux d'un terrain nu.

Sources : loi de finances n° 50-25 pour l'année 2026 ; Code général des impôts 2026 (Direction générale des impôts, tax.gov.ma) ; note circulaire n° 737 de la DGI ; Bladi.net, « Maroc : payer un bien immobilier en cash coûte plus cher ».
KA
Khourssa Aimane
Éditeur de Crédit Immo Maroc. Les montants sont vérifiés à partir des textes officiels (CGI 2026, tarif de l'ANCFCC, Bank Al-Maghrib). Une erreur ? Écrivez-moi.

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